Nattulga en Mongolie

06 mai 2012

Retour

Oui,  je sais, cela faisait longtemps… J’ai des excuses, croyez-moi…

Il est de ces moments où on se demande ce que l’on fout à l’autre bout du monde, loin de sa famille. Je suis en plein dedans. Je ne devrais pas être ici, à plus de 10.000 km de « chez moi ». On peut dire qu’elle me coûte chère ma vue sur les steppes de Mongolie.

J’étais sur Ulaanbaatar encore « jet-laguée » du retour en Mongolie quand j’ai appris la nouvelle… J’aurais dû repartir… Mais ça voulait dire, laisser Tsooj se débrouiller seul avec Naraa pour rentrer dans le Hovsgol (20 heures de voiture sur des chemins qui n’en sont pas). Puis, laisser Naraa à ma belle-famille car Tsooj n’a pas la patience de la garder toute la journée. Ma petite Naraa que je n’ai encore jamais quitté plus de 5 heures – je ne dis pas que c’est bien. 2 semaines avec ma débilitante belle-mère, mais dans quel état retrouverais-je ma puce... Ma chère belle-mère a déjà sans doute traumatisé son neveu, qu’elle gardait pendant que les parents du petit divorçaient. La mère était partie à la capitale et le père était trop soûl pour s’en occuper. J’étais là quand elle a dit au petit que sa mère l’avait abandonné, sans doute ‘pour rire’. Nous n’avons pas le même humour. Et je ne veux pas qu’elle garde Naraa pendant plus d’une journée.

Alors j’ai joué l’égoïste et je ne suis pas rentrée. Je n’ai que mes sanglots à gérer mais pas ceux de ma famille, je ne suis pas là pour les réconforter, si tant est que je le puisse. Mes parents me rassurent alors qu’ils ont déjà tant à faire, trop fatiguant, trop onéreux de rentrer disent-ils. Merci, mille mercis à eux d’avoir tout fait pour garder un contact avec moi, envoyer des mails pour décrire la situation et les réactions de chacun, m’appeler… Merci aussi au cercle familial, cousines, tantes qui ont pris le temps de m’écrire de très beaux messages… ça n’a pas été vain, ça m’a vraiment fait du bien. Mais ce qui me touche le plus, c’est que mon admirable petite sœur semble ‘gérer’, et qu’elle soit déjà bien entourée par notre grande et belle famille…

Mais malgré tout, la vie et ses habitudes doivent reprendre leurs cours. Ah, tiens, plus de micro-onde pour chauffer le bol de thé du matin. Sortir chercher du petit bois. Allumer le poêle, y poser le wok, faire bouillir l’eau. Naraa a encore fait pipi sur le tapis. Serpillère. Acheter des bougies pour le soir. Bassine, farine, eau chaude, sel, levure, pétrir, laisser gonfler, pâte dans un pot, pot sur le poêle, et enfin du pain. Naraa pleure, câlins. Rechercher du petit bois, ré-allumer le poêle, refaire chauffer de l’eau, lessive.  Remonter les yourtes pour nos ‘invités’ de cette année. Un troupeau de chevaux s’amène, ils paissent tranquillement à côté de notre yourte, « Naraa, viens voir les chevaux». Tsooj a faim, il a passé la journée à réparer un truc sur la voiture et il n’a pas fini. Allez, je vais lui faire plaisir. Viande, oignons. Coupe, coupe, coupe. Re-petit bois, re-poêle. Pschiiit, les oignons dans le wok. Eau. Epices. Soupe au gras de mouton (y’a des légumes quand même avec les oignons…). Faire un inventaire du matériel de randonnée, réparer ce qui en a besoin. Préparer l’anniversaire de Naraa, tarte aux abricots (en boîte hélas). Pâte à pétrir. Générateur en marche, et four. Drrring, c’est terminé. « Bon anniversaire Naraa, souffle tes deux bougies. » Des vraies bougies car celles d’anniversaire, ça n’existe pas par chez nous. Tiens, ce soir, Torjii vient nous rendre visite. Bière à 8%, une nouvelle marque de Russie. On parle tranquillement autour du feu. Deuxième bouteille. Quel matériel utiliser pour réparer les selles équestres, les rendre plus confortables encore. Quels guides, quand, quels chevaux. Je sors quelques instants. La tête tourne un peu, pas mal la bière… Les étoiles brillent dans le ciel. Petite pensée pour le petit ange qu’elles abritent… Cette soirée me fait du bien et me réconcilie un peu avec mon retour chez moi en Mongolie.

J’ai hésité avant de publier cet article sur le blog. Mais en fait, vivre comme dans la petite maison dans la prairie avec vue sur les steppes mongoles comportent des hauts et des bas. J’ai pas mal parlé des hauts sur ce blog, il fallait bien changer un peu de registre. Et puis, surtout, je crois que j’ai besoin de le dire haut et fort : je suis très fière d’avoir une famille aussi formidable que la mienne, alors un grand merci à tous les Plaisant-Sage, merci d’exister et d’être là.

Bisous et un gros tout spécial à ma sœur adorée.

Nathalie

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09 janvier 2012

Ski et raclette Oulan-Batoriens

 Bonne annee a tous !

Nous voici a UB (helas)... L'interminable attente du visa shengen de Tsooj a commence... Heureusement, nous avons retrouves deux amis Caroline et Zaya pour nous distraire. Au programme : ski et raclette a UB !!

Et oui, la Mongolie possede depuis peu une station de ski, et nous y sommes alles gouter sa neige pour notre plus grande joie. Il ne neige pas des masses en Mongolie (climat sec en hiver) et la station dispose de quelques canons ; et vu les temperatures, pas de risque que ca fonde... On peut y faire du ski, du snowboard, du ski nordique et de la luge. Deux telesieges (s'il-vous-plait) et 5 ou 6 pistes, dont une avec un mur digne d'une petite Rouge europeenne. Mais autant vous dire que nous etions les seules avec Caro a la descendre. Les mongols debutent en ski et s'eclatent comme des petits fous, mais ca reste encore au niveau chasse-neige...

Nous aussi, on s'est bien marre, et Tsooj s'est tres bien debrouille pour sa premiere fois. Voila, c'est la classe en somme : "t'es alle skier ou cette annee ?" "A UuuuB (prononcez You-Bi), cher ami... tres 'IN'"

Petite deception tout de meme : pas de skieurs en 'deel', pas de khushuurs en guise de tartiflette, et pas de bonnets en poil de yak ; Des vetements Northface, du vin chaud, et une boutique Decathlon (entre autre)... Le ski est decidement universellement le meme... Ah pardon : sauf le prix des remontees au prix de reve de 6,50 euros...

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Et pour la raclette, nous avons fait appel aux services d'un francais qui fabriquent des fromages (francais et autres) non loin de UB. Il propose notamment de louer un appareil a raclette que nous avons honore avec un bon petit Cotes de Bourg (enfin, deux en fait...). Zaya a poliment goute, mais s'est empresse de se faire une soupe mongole apres la premiere bouchee de fromage, indecrottable Zaya. Tsooj a bien apprecie le plat tout comme le vin, je pourrais donc l'emmener au ski en France, tout va bien.

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Voila, voila... Nous sommes tres loins des troupeaux de moutons et chevaux en liberte, des eleveurs qui vont traire leurs yaks, et du the au lait fumant dans une yourte bien chaude...

Je remercie Caro pour les photos de cet article, qui est repartie la mort dans l'ame ce matin pour la France.

Pour les news, nous ne partirons finalement pas par le transsiberien car les horaires d'hiver du train nous feraient poireauter jusqu'au 28 janvier a UB, ce qui, dans la 2eme ville la plus polluee au monde, nous est insupportable. Si nous avons le visa de Tsooj a temps, il se pourrait que nous arrivions donc le 18 janvier a Paname...

Bisous a tous

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20 décembre 2011

Joyeux Noel

Joyeux Noel !

Ici à Hatgal, point de sapins de Noel et de cadeaux dans les chaussettes. Quelques uns fêteront le 31 décembre mais c'est tout. A Ulaanbaatar, par contre, on trouve des décorations, des sapins et des père-Noels un peu partout.. Mais ce n'est pas pour fêter le 25 mais pour le Nouvel An.

Un peu de news : nous passons les fêtes ici en compagnie de trois valeureux participants pour une randonnée de 10 jours dans les environs. Puis, on démonte nos yourtes. Le 2 janvier, nous partons pour UB où nous devrons poireauter 2 à 3 semaines pour avoir le visa de Tsooj pour l'Europe et nos visas pour la Russie. Puis, direction Moscou par le transsibérien (4 jours de train). Et peut-être, encore du train pour aller visiter St Petersburg. Enfin, l'avion pour Paris et nous serons peut-être fin janvier ou début février sur le sol des fromages qui puent... Nous y resterons jusqu'à Avril...

Quelques petites images et vidéo du lac Hovsgol pour vous apporter un peu de neige et de froid pour ceux qui n'en ont pas :=)

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20 novembre 2011

Work away

Notre petite maison avance malgré quelques petits allers-retours à Moron pour acheter du matériel et quelques ennuis avec notre générateur pour l'électricité...

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En octobre, j'ai rencontré deux touristes français Tony et Emilie qui partaient travailler pendant un mois dans un ranch en Mongolie. Ils ont eu l'adresse via le site Workaway.info (en anglais, en français) qui permet, je cite, "de travailler quelques heures en échange du gîte et du couvert chez de sympathiques hôtes, dans un environnement et des situations très variés".
En parcourant le site, j'ai trouvé l'idée sympathique et j'ai posté une proposition d'hébergement en échange de nous aider aux bricolages de la maison, éventuellement baby-sitter Naraa, quelques travaux de maintenance, etc... Voici notre profil sur ce site : cliquez ici. Qu'en pensez vous ?

A bientôt

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10 novembre 2011

Flocon de neige et étincelles

Je vous avais annoncé l'automne, voici maintenant l'hiver et ses flocons de neige...

Après l'hiver, vous trouverez quelques uns de mes délires photographiques dont vous commencez à avoir l'habitude avec mes "Etincelles métalliques"... 

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Et maintenant un peu d'étincelles pour se réchauffer :

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A bientôt


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01 novembre 2011

La petite maison dans la prairie

Cette fois ci, on pourra le dire, nous faisons bien un remake de La Petite Maison dans la Prairie...

Le superbe site où nous avons posé nos yourtes ont inspiré Tsooj pour finir sa maison en rondins de bois qu'il avait commencé il y a deux ans. Sa maison était posée jusque là dans l'enclos de ses parents, et n'attendait plus qu'un terrain pour être démontée, remontée, puis finie.

Ainsi, il n'est pas rare dans les régions à bois de voir des maisons non finies posées n'importe où. Elles attendent en fait que leur propriétaire leur trouve un terrain. Cela semble invraisemblable de construire sa maison avant de trouver un terrain, mais ici, non.

Dans le Hovsgol, il y a des forêts, donc du bois. Même si la coupe et la vente de bois sont réglementées (et contrôlées), toutes les maisons des villes et villages du Hovsgol sont en bois, mises à part les quelques bâtiments en béton décrépis de l'ère soviétique. Dans d'autres régions plus désertiques, d'autres matériaux présents dans la région sont utilisés : torchis peints à la chaux ou simili ou encore pierres plates dans l'Altai. Dans le Gobi, du peu que j'ai pu en voir, le béton et la tôle sont beaucoup utilisés (malgré la chaleur étouffante de l'été)

Un (tout petit) village de l'Altai (photo Annick Lavaud)

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Notre maison : d'abord démonter la maison pour la remonter au bon endroit (20 octobre). 1 journée pour le remontage, cette fois ci de l'isolant (laine de verre, désolés pour les écologistes) sera rajouté entre chaque rondins.

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La maison étant surélevée sur des troncs, il a fallu combler le sous-sol pour éviter que l'air froid ne rentre par en dessous. Ensuite, pose des planchers. Le 29 octobre, on pouvait enfin s'attaquer au toit.

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Enfin, la charpente après avoir longtemps délibéré sur son architecture. Elle sera finie ce soir 2 novembre.

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Plan de la maison (3D approximative...)

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A bientôt

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22 octobre 2011

Le mariage en Mongolie

Le vendredi 14 octobre était un bon jour dans le calendrier lunaire mongol. Et c'est ce jour qu'a choisi Baaska, un ami de Tsooj, pour se marier.

Le mariage dure plusieurs jours, un peu comme Tsagaan Sar (le Nouvel An mongol). Pendant 3 jours, les mariés doivent recevoir chez eux famille et amis. Ils sont en habits de fête, dressent une grande table où salades, viandes froides, thermos de thé au lait et bonbons trônent. Autour des deux mariés assis au milieu, deux grands moutons et deux grands 'gâteaux' comme ceux de Tsagaan Sar ont été dressés.
Durant encore une quinzaine de jours, ils continueront à recevoir des invités mais pas avec le même faste et avec un cérémonial plus restreint : un bol de thé au lait, un petit repas, un verre de vodka et c'est fini...

Au dessus de la table, il y avait un fil sur lequel les invités suspendent des billets de banque pour les mariés. Lorsqu'on leur offre des cadeaux matériels, les deux mariés portent les cadeaux à leur front en remerciement.

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En plus d'un repas servi pendant la réception, la femme et l'homme 'passe dans les rangs' pour offrir un verre de vodka. Junaa la mariée passe avec de la vodka d'éleveur, à base de yaourt fermenté, moins forte mais toujours aussi difficile à boire pour moi... Baaska, lui, passe avec une bouteille de vodka industrielle mongole, elle n'est pas forcément mauvaise mais au bout d'un certain nombre de verres, cela devient difficile... Surtout qu'ils insistent pour que tout le verre soit bu... Même l'allaitement ne m'a pas servi d'excuses j'ai dû m'éxécuter plus d'une fois... Tout ça fait qu'étant arrivés vers les 15h00, les invités, (les hommes comme les femmes) étaient tous bourrés à 18h00... La soirée s'est terminée à 2h00 du matin mais personne n'a dansé contrairement à chez nous. Il n'y avait pas de musique il faut dire.

Pour l'occasion, Baaska avait entrepris de construire une maison en bois sur son terrain. C'est ainsi que cela se faisait dans le temps aussi : c'était à la famille de l'homme de fournir la yourte, la famille de la femme devant s'occuper de l'aménagement intérieur et des cordages de la yourte.

Le jour du mariage, Baaska est allé chercher Junaa chez elle pour l'emmener chez lui dans sa nouvelle maison. Arrivée là, elle doit se cacher quelquepart. Si l'homme la trouve rapidement, c'est bon signe.

Normalement, pendant ces trois jours, la femme mariée n'a pas le droit de sortir de l'enceinte de leur terrain.

Je n'ai hélas pas plus de renseignements que ça car Tsooj ne connaît pas très bien les rites du mariage... 

J'ai trouvé sur ce site des renseignements assez pointus sur les onctions et bénédictions de la nouvelle yourte : cliquez ici. Les bénédictions me font un peu penser à la scène de mariage au moment du déballage et de la démonstration des cadeaux reçus dans le film 'Chat noir chat blanc' de Kusturica (excellent film)... Pour ceux qui ont Facebook, il y a aussi cet article de Horseback Mongolia : cliquez ici.

Sinon, désolès pour ce long silence, mais nous avons en ce moment pas mal de chats à fouetter : Tsooj a déplacé sur notre endroit la maison en rondins de bois qu'il avait commencé à construire il y a 2 ans, pour la continuer et la finir. Et nous sommes donc en pleine réflexion architecturale pour savoir comment faire le toit et l'étage... Règles et crayon en main, je dessine à longueur de journée.

De plus, j'ai commencé bénévolement à donner des cours d'anglais à l'école de Hatgal pour des élèves d'une douzaine d'années environ. Je suis sensée accompagner le prof dans ses cours, mais pour mon premier cours aujourd'hui je me suis retrouvée toute seule pendant 40 minutes (la totalité du cours) car le prof avait un remplacement à effectuer... Ouf, quel métier ! Je vous ferais un topo de ce premier cours sportif et de l'école de Hatgal dans un autre article... :=)

A bientôt

En prime, une petite photo de Naraa en tenue de fête pour le mariage :

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04 octobre 2011

Emportée par le vent...

La feuille d'automne Emportée par le vent En rondes monotones Tombe en tourbillonnant...

Ici, les épines des mélèzes ne tombent pas en tourbillonnant mais légèrement couchées en biais, aussi silencieuses que des flocons de neige. L'automne est bien là... Dame Nature s'est recouvert d'un manteau d'épines dorées à l'or fin.

Petit clin d'oeil à Folène avec cette vue sur nos trois yourtes...

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26 septembre 2011

A la lueur des bougies...

Encore des petits essais de photographies...

Nos soirées à la bougie arrivent de plus en plus tôt, à l'approche de l'hiver. Quelle sérénité !

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24 septembre 2011

Naraa à cheval

Les randonnées de l’été sont passées ou presque finies et je ne vous ai toujours pas dévoilés comment nous transportions Naraa à cheval… Je me rattrape donc avec cet article.

Le système est beaucoup plus simple que ce que j’avais imaginé (une énorme selle avec siège pour enfant intégré devant). Selle russe comme il y en a beaucoup ici, un peu plus grande toutefois pour contenir les deux paires de fesses de Tsooj et de Naraa. Tsooj tient Naraa devant lui, comme beaucoup de mongols font avec les enfants (‘sandaldah’ en mongol). Mais nous avons crée un système d’attache pour que Naraa soit toujours attachée au cavalier. En cas de chute du cavalier, Naraa ne tomberait pas séparément ou ne resterait pas sur la selle mais tomberait avec le cavalier qui généralement tombe sur le dos, ou en tout cas s’arrangerait pour que Naraa ne se fasse pas mal. Le système est assez simple : des cordes larges pour ne pas blesser croisées dans le dos, en ventrale, et dans l’entre-jambe pour Naraa, pour le cavalier idem mais sans l’entre-jambe, et des mousquetons pour accrocher les deux harnais ensembles. Cela permet aussi au cavalier d’avoir les deux mains libres pour mieux retenir le cheval. En plus, nous choisissions toujours des chevaux confortables et reconnus pour leur calme pour sécuriser le tout. Résultat des courses : aucun incident à déclarer (en tout cas pour Naraa), donc tout va bien.

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Papa s'endort et Naraa se refait une coiffure (photo de Caroline Sulié)P1060458

Le même système d'attache à peu près a été mis en place pour la petite puce de 3 ans de la deuxième rando (photo de Caroline Sulié)

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Lorsque nous n’étions pas à cheval, Naraa gambadait un peu partout dans le camp, touchait à tout ce qui se trouvait à sa portée (c'est-à-dire tout…). Sauf le feu, car elle a bien compris maintenant que c’est chaud et que ça brûle comme le poêle dans la yourte. « Non » elle a encore du mal à comprendre ou plutôt ne veut pas comprendre, mais le « c’est chaud » ça elle comprend… C’est déjà ça. Mais sinon, bien sûr lorsque nous étions près d’une falaise, d’une rivière ou d’un lac, c’est évidemment toujours par là qu’elle allait. Heureusement, il y avait plusieurs paires d’yeux pour la surveiller. Elle nous aidait (enfin aider est un bien grand mot) à monter la tente, à faire la vaisselle et la tambouille. L’année prochaine, je la déclare ‘guide’.

Séchage de torchon avec maman et préparation de la vaisselle (les deux photos sont de Pauline Bellay)

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De maladies, nous en avons deux à déclarer : une gastro début septembre qui l’a fait vomir entre deux sourires tout ce qu’elle avalait pendant près de trois jours tout de même. Puis, l’entre-rando dans le Hovsgol mi-juillet, elle a commencé à sortir ses prémolaires. Donc fièvre et chouinements. Mais qui ont duré plusieurs jours. Le deuxième jour de notre deuxième rando, c’était pire que tout, elle pleurait tout le temps. Et un matin, apparurent dans sa bouche des petits points blancs. Tsooj, qui me jurait que depuis le début, c’était pas les dents mais une grippe (unique et seule maladie ici il faut le savoir), m’a enquiquiné pour faire venir un médecin. C’était encore possible car nous n’étions pas encore trop loin de Hatgal et son pote ambulancier a une supère jeep qui peut passer partout. Tsooj est parti à cheval trouver du réseau pour téléphoner et trois heures après une femme médecin de campagne est arrivée. Je ne voyais personnellement pas trop l’intérêt de la faire venir car je connaissais déjà là verdict : grippe et donc amoxicylline. Oui, ici, il n’y a qu’une seule maladie et qu’un seul remède : l’amoxi. Tu as mal à une jambe, c’est la grippe, bien évidemment… Or, l’amoxi est totalement à proscrire quand on est allergique à la pénicilline (ce qui est mon cas et potentiellement Naraa aussi peut-être), je n’étais pas très chaude pour faire un test à la péni en pleine rando pour savoir si elle aussi est allergique. Bref... Le temps que la médecin arrive, d’autres symptômes sont arrivés : 5 aphtes dans la bouche, des points blancs partout sur la langue, une sorte de pâte verdâtre sur les dents, les gencives gonflées, rouges et saignantes et les pleurs ont redoublé. La médecin arrive et déclare bien entendu que c’est la grippe ! Et les gencives saignantes, les aphtes ? Oh, ça, ce n’est pas bien grave, c’est une maladie courante chez les enfants mongols au contact avec les chevaux, un peu de miel et il n’y paraîtra plus… Bien entendu, elle pleurait à cause de la grippe et non pas de ces 5 aphtes douloureux qui l’empêchaient de manger (mais pas de téter le sein comme c’est bizarre). Quoi qu’il en soit, le miel, elle l’a gerbé car Tsooj l’a forcé à l’avaler. Et nous avons quand même fait un test avec une moitié de dose d’amoxi car je me disais que ça soignerait peut-être l’infection de ses dents. Cela s’est bien passé, rien à déclarer le lendemain matin, donc dose normale et quelques jours après, elle avait retrouvé son sourire et oublié ses pleurs. Petite anecdote : lorsque j’ai dit au médecin ma réticence contre l’amoxi pour cette histoire d’allergie, elle m’a répondu sûre d’elle, qu’il n’y avait pas de pénicilline dans ce médicament car c’était de l’Amoxycilline et non Pénicilline, et qu'il n'y avait pas de dangers… J’ai préféré ne rien répondre… J’espère juste que rien ne nous arrivera de grave ici…

Sinon, pour la famille et les proches, voici un petit sommaire de là où en est Naraa (histoire de la sentir grandir quand même un peu)

Elle a maintenant 16 mois, elle pèse quelque chose entre 10 et 15 kilos et mesure entre 70 et 75 cm, je ne sais pas trop. Sa tête s’est beaucoup affinée le mois dernier, et ses cheveux poussent, il va vraiment falloir que j’apprenne enfin à faire les tresses… Elle baragouine quelques mots : « merci », « au revoir » avec un accent effroyable et seulement quand elle le veut (et jamais quand nous le voulons bien sûr). Elle a dit une seule fois « Bayartai » (au revoir en mongol) et en désignant un chien, elle a prononcé le mot « nokhoi » (chien en mongol)… Sinon pour parler, elle parle, une vraie pipelette sauf que c’est du boubiboulga… Et depuis qu’elle a appris à faire le cri de la chèvre, tous les animaux sont devenus des chèvres ; chevaux, chameaux, vaches, chats, même combat ce sont tous des « meeeee ».

Elle mange toute seule mais sous surveillance car ça se transforme vite en bouillie et en terrain de jeu plutôt que dans son estomac… Elle boit depuis pas mal de temps toute seule au bol ou au verre et se débrouille de mieux en mieux, sauf quand elle essaye de marcher en buvant. Elle n’a jamais apprécié le biberon. Elle voue une passion pour les cornichons, olives, concombres et chocolat noir, sans oublier bien sûr l’os et le gras de mouton. Encore plus insolite, elle boit la vinaigrette seule goulûment.

Elle s’intéresse de plus en plus à ses peluches (qu’elle a en quantité astronomique je trouve). Elle les serre contre elle, leur donne des câlins, leur donne à boire et à manger (je vous raconte pas l’état après), mais leur fait aussi plein de misères, au moment où je vous écris, elle est d’ailleurs en train de noyer Nounours dans un seau d’eau… Je vais le sauver et je reviens. Elle n’arrache (presque) plus les pages des livres et s’intéresse plutôt au contenu, elle lance à chaque nouvelle page un « Ooooo » hilarant. Mais, son grand jeu depuis qu’elle sait se tenir debout est de sortir tous les éléments du placard à bouffe un par un, ou le placard à fringues et on la retrouve régulièrement avec un de nos slips autour du cou ou sur la tête. Le soir, à la lueur de la bougie, elle découvre son ombre et joue avec.

Le pot à pipi, elle n’a pas encore compris. Je l’ai assise dessus cet apm, elle s’est levée, a fait un pas et m’a ruiné une nouvelle fois le tapis…

Objectif de cet automne : le sevrage. C’est pas gagné vue son addiction au sein. Il y a trois jours je lui ai demandé, pour jouer, où se trouvait maman, elle m’a touché le sein et a déclamé ‘mama, mama’…  Charmant ! Ici, ils mettent de la bouse de vache sur les seins pour dégoûter l’enfant… Avec ses goûts culinaires bizarres, elle trouverait peut-être ça bon, et l’idée de me balader avec du caca de ‘meuuu’ sur les seins, bof, bof… Alors vos idées occidentales seront appréciées !

Sur ce, je vous salue bien et à une prochaine.

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