Naraa est née le 01 mai 2010. Son prénom mongol, Narantuya, signifie rayon de soleil. Issue de deux cultures très différentes, elle est née à Paris, mais à l'aube de ces 2 mois de vie, elle part rejoindre les vertes steppes de Mongolie avec sa maman française Nathalie et son papa mongol Tsooj .
Cet été, une longue randonnée du nord au sud de la Mongolie nous attend, grande aventure avec un nouveau-né que nous tâcherons de vous raconter via les articles du blog.

Départ le 7 juillet, Jour J-8

Mardi 29 juin, Ulaanbaatar

Nous sommes confrontés à un dur dilemne concernant le choix du véhicule qui nous servira lors de la randonnée et après.

Nous avons prés de 3000 km à parcourir de Ulaanbaatar vers le Hovsgol (nord) puis la descente vers le sud pour affronter la chaleur et le sable du Gobi. Il n'y a guère que quelques centaines de km asphaltés, le reste n'est que pistes poussiéreuses et truffées de nids-de-yack, marécages ou trous de marmotte.
La randonnée de 45 jours a été dessinée pour 4 touristes français : Christine, Annick, Jean et Gilbert. Nous sommes donc 7 avec bébé Naraa à participer à l'aventure.

Russe vs Japonais

Le mini-van russe est le roi de la steppe mongole. Robuste, aucun terrain ne lui résiste.
Que de la mécanique dans le ventre, il est facile à réparer (du moins pour ceux qui s'y connaissent, parce que moi...).
Il peut emporter 10 passagers en normal, et une vingtaine en version taxi-brousse mongol.
Il y a beaucoup beaucoup de place pour les bagages.
Avec ça, Tsooj peut ensuite faire le taxi-brousse entre UB et le Hovsgol après la rando. ça lui ferait un revenu non négligeable d'environ 1000 usd le mois à raison de 2 ou 3 voyages.
Trés trés important, j'ai déjà trouvé un nom pour le véhicule si je l'achetais : Brutus
Mais,
Il faut un permis spécial pour le conduire (permis D) que Tsooj n'a pas encore. Il faut donc en faire faire un faux en cas de contrôle (visiblement, cela est monnaie courante là-bas). C'est possible en campagne mais sur UB, c'est trop dangereux de le conduire (risque la prison).
Le tank n'est pas du tout facile à conduire en ville, et doit être aussi rapide en ville qu'un escargot sous somnifère.
Il a souvent tendance à faire des petites crises et pètent une durite régulièrement. D'accord c'est facile à réparer mais ça demande du temps et de l'énergie..
Il picole sec, autour des 25 litres au cent.
On est à la dure là dedans : pas de clim, confort niveau 0 pour les amortisseurs. Bref, pas pour les femmelettes quoi..

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son opposant :

Le mini-van Mitsubishi Delica.
Comme son nom l'indique, il est plus délicat que son opposant.. Mais beaucoup plus confortable : climatisation (non négligeable pour bébé dans les chaleurs du Gobi), amortisseurs ok..
Pas besoin de permis tank, le B suffit. Nous pouvons tous deux le conduire dés aujourd'hui sans avoir à enfreindre la loi (et donc pas besoin de graisser la patte des charmants officiers de police que nous rencontrions..)
En ville, il est aussi facile à conduire qu'une voiture.
Il tombe rarement en panne
Mais,
Il ne peut emmener que 7 passagers et la place pour les bagages est plus que restreinte (obligé d'en mettre sur le toit).
Pour le même prix qu'un mini van russe de 2 ou 3 ans, on récupère un vieux machin de 10 ans d'âge (il aura d'abord servi au Japon).
Si panne il y a, la réparation risque d'être moins aisée que son pote Brutus. Et on risque de perdre pas mal de temps à attendre auprès d'un garage de cambrousse.
Puis, j'ai pas encore trouvé de nom... NB : peut pas l'appeler Jean-Claude, c'est déjà pris.

Mitsubishi_Delica_Super_Exceed_Space_Gear

Ma raison aurait tendance à aller vers le Delica pour le confort de bébé Naraa (voir article précédent 'Eej Khad') et pour pouvoir le conduire à UB. Mon coeur (et le porte monnaie) me dit d'aller vers Brutus.

Nous sommes allés voir aujourd'hui un des plus grands 'car sale' de UB.
Il n'y a hélas pas beaucoup de choix sur les Delica : il y en a 4... Le seul qui a retenu notre attention est un Delica Spacegear de l'an 2000. Mais deux énormes désavantages : son prix est excessif (environ 10.000 euros) et pas de boîte de vitesse mécanique (automatique pas top sur les pistes mongoles).
Pour les mini-van russes, il y avait du choix. Un était plutôt bien mais Tsooj m'a dit qu'il ne fallait pas l'acheter car il a eu un accident avant (il s'est renversé) et que ça porte malheur.

Bref, notre quête n'est pas terminée. Nous continuons demain avec Byambaa, le pote de Tsooj (voir article 1 - 'Eej Khad').
J'en profite pour brosser un peu le portrait de Byambaa. Il travaillait dans l'Omnogov (Gobi) pour les mines d'or de Olon Ovoot en tant qu'ingénieur mécanicien. Les conditions de travail auraient hérissé les cheveux de nos syndicalistes : la journée de travail était de 12 heures, et les substances chimiques utilisées n'avaient rien à envier à Tchernobyl. Il a donc préféré arrêter quitte à trouver un autre business. Ce qui lui laisse tout son temps pour nous aider à trouver le tank qui nous emmènera sans encombres dans nos aventures.

A bientôt

Naraa, Nathalie et Tsooj