Les randonnées de l’été s’enchaînent et je n’écris pas... Il est temps d’y remédier, alors voici ce petit article du temps présent. Promis, le prochain sera consacré aux mystères de Nana à cheval, et aux deux randonnées déjà effectuées dans le Hovsgol.

Depuis Hatgal, Hovsgol (nord de la Mongolie), nous partons en voiture jusque dans l’Altai, le grand far-west mongol au carrefour avec les frontières russes et chinoises, et où souffle un petit air chaud venu du Kazakhstan. Glaciers et hautes montagnes nous y attendent que nous dégusterons à cheval pendant 15 jours, avec des chameaux comme porte-bagages.

Mais en attendant, c’est la route, la piste devrais-je dire, pour parcourir les 1081 km qui nous séparent de l’Altai. Buffalo (notre van Mitsubishi Delica), après une série de pannes en tout genre (notamment les freins qui lâchent), ne nous accompagnera pas. H.S. l’a-t-on déclaré, pas capable. Nous avons donc dû trouver en deux jours une voiture qui puisse faire l’affaire. A Moron, il n’y a guère le choix et nous avons donc opté pour l’achat d’un Brutus (un van russe de marque Purgon très répandu en Mongolie). En gros, une boîte à sardines sur laquelle on a greffé des roues et un moteur.

Nous sommes partis le 1er août avec Annick et Jean nos fidèles compagnons (l’été dernier et cet hiver). De grosses journées nous devons faire car il nous faut être à Olgii (Bayan Olgii) le 6 août pour accueillir Florimond et Pauline. Notre moyenne est de 35 à 40 km/h sur les pistes, et nous effectuons un peu plus de 200 km par jour.

Des vallées et des steppes sans fin s’enchaînent, ballotés par les bonds de la voiture au gré de la piste. De nombreux tumulus (tombes funéraires de l’Age de Bronze) sillonnent la région et nous avons fait une rencontre au bord de la route avec des statues millénaires représentant des guerriers, gardiens de leur tombe adjacente.

Rencontre millénaire

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Une frayeur lorsque Brutus n’a pas réussi à monter une côte, le moteur a calé, les freins ont lâché et nous avons dû dévaler la pente en marche arrière. Sinon 2 fois perdus, mais sans perdre beaucoup de temps alors ça va.

Une autre lorsque Naraa tombe sur un rocher, mais ce ne sera finalement que quelques égratignures et un tout petit pleur.

Sourire et blessures de guerre

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Aujourd’hui (3 août), nous avons parcouru la plus vaste steppe qu’il m’a été permis de voir jusque là. Des montagnes à droite et à gauche espacées de quelques 30 km mais devant : Rien. Ligne d’horizon. Sans fin. L’immensité est renforcée par l’absence d’eau, donc de bétail, d’éleveurs et de yourtes. Pas d’arbres, pas d’ombre. Pas âme qui vive. Sur plus de 100 km...

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Enfin un lac, grand, le Khyargas, dans l’aimag de Uvs (aimag = région). Personne autour, il est salé. La steppe est remplacée par le désert, encore sans fin. Nous sommes ravis d’avoir des réserves d’eau et de bois dans la voiture… Enfin, la vie reprend le dessus, nous croisons des troupeaux de chameaux, de chèvres et de moutons.

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Clou de la journée : une baignade dans le lac pour oublier la chaleur de la journée. L’eau est plus chaude qu’en Bretagne Nord... Naraa découvre les vagues et les pieds dans le sable, elle adore patauger dans l’eau, c’est bon signe pour aller pêcher les moules chez son arrière grand-mère française.

 

Couleurs du désert

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Marche salée

 

 

 

 

 

 

 

Sinon depuis le moment où j’ai écrit cet article (3 août) et le moment où j’ai pu trouver une connexion internet, nous sommes arrivés à notre lieu de destination, Olgii la capitale de l’aimag de Bayan Olgii la région la plus à l’ouest de la Mongolie. Les gens parlent plus kazakhe que mongol dans les rues, ils ont le nez épaté, parfois des cheveux roux ou châtains et des yeux clairs, les habits sont plus colorés, il y a une mosquée plutôt que des temples bouddhistes, les yourtes sont plus hautes et plus larges.

Sur la route après la steppe sans fin et le désert de cailloux (4 août), nous avons traversé des montagnes désertiques, certaines avec sommets enneigés. A la sortie d’un col, nous avons débouché dans une grande vallée bordée de montagnes orange rappelant celles du Grand Canyon américain. Au milieu reposaient une oasis et un petit village (Khovd, Uvs). Les toits blancs et rouges contrastaient avec le vert profond et luxuriant des herbes de l’oasis et le vert anis de sa rivière. Dominant l’oasis, deux imposantes montagnes l'une derrière l'autre, l’une de couleur noire, l’autre ocre rouge. Le sable jaune, le bleu du ciel et le blanc éclatant des nuages formaient avec tout cela une palette de couleurs magnifique. Je n’ai pas pris de photo, j’ai préféré égoïstement profité de cet instant en écarquillant les yeux et en me laissant emporter par les doux rêves que provoquent ces paysages.

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A bientôt