Pour la première fois, nous avons eu l'occasion d'aller dans le désert de Gobi mongol en été. La dernière fois pour moi était en février 2008 où la neige éparse parsemait les étendues de sables ou de graviers.

Nous nous attendions à avoir chaud, très chaud... Et avons emmené en conséquence une quantité astronomique de bouteilles d'eau minérale, l'eau des rares puits n'étant généralement pas potable. Crème solaire, chapeau, short et tongs en main, nous sommes partis le 03 août d'Ulaanbaatar avec notre randonneur Thomas.

Et bien que nenni, ce désert n'en est pas un, on nous aura menti :=) Tout d'abord, 2 nuits de pluie et une averse en plein jour... Ensuite, un vent constant à décorner les boeufs (euh pardon à débosser les chameaux...) qui rendait les températures plutôt tièdes. Nous n'avons jamais eu chaud, et même un matin, nous nous sommes surpris à grelotter et à devoir rajouter une polaire sur nos T-shirts. Les paysages étaient certes plus désertiques que nos forêts du nord et même des steppes du centre, mais il n'était pas rare de voir quelques touffes de vert illuminer les paysages. Bref, le désert de Gobi a bien sa réputation de désert le plus froid au monde après l'Antarctique, sachant aussi qu'en hiver les températures peuvent baisser à des -25°C.

9Les mongols ont raison de l'appeler Gobi (mongol : Говь) qui veut dire territoire semi-aride en forme de grande cuvette. Il existe en effet un autre mot pour désigner le désert où rien ne pousse (Цөл, Tsöl). Oui, le Gobi mongol n'est pas le désert comme on pourrait l'imaginer, il est davantage recouvert de pierres que de sable, et les paysages sont assez variés avec quelques chaînes de montagne, des canyons et des falaises pour dessiner l'horizon. Et comme on l'a dit plus haut, l'herbe est tout de même présente permettant ainsi aux nomades d'habiter quelques parties de ce désert.

Gobi_desert_fr « Gobi desert fr » par Christophe cagé — Travail personnel. Sous licence Wikipedia. 
Point de vue géographique, le Gobi s'étend sur 1600 km du sud-ouest au nord-est et sur 800 km du nord au sud. Sa superficie de 1.300.000 km² en fait le 5ème désert le plus grand au monde. Selon les définitions, le Gobi grignote un tiers de la Mongolie (quasi tout le sud), et une large partie de la Chine du Nord, s'étendant du bassin de Tarim dans l'ouest de la chine (province Xinjiang) jusqu'aux montagnes Da Hinggan en Mandchourie.

Outre les os de dinosaures, on y trouve aussi de bons filons de cuivre, charbon, uranium, zinc et autres minerais qui font la fortune des Oyu Tolgoi, Rio Tinto, Ivanhoe Mines, Areva, and co... Nous n'avons croisé ni l'un ni les autres - ni de dinosaures vivants d'ailleurs, car nous étions dans le parc naturel Gurvan Saikhan de l'aimag d'Omnogovi heureusement préservé.

Ce qui m'a le plus plu dans ce Gobi, ce sont les dunes de Khongor (Khongoriin Els), une ligne de dunes de 180 km de long et 12 de large, et dont la plus haute culmine à 200 m. Une ascension à s'en cracher les poumons, à 4 pattes sur une pente vertigineuse de sable glissant, mais le paysage au sommet vaut largement le coup. Hélas, les photos ne reflètent pas l'ivresse que l'on y ressent. Surtout, qu'à mon arrivée là-haut, les nuages gâchaient un peu la lumière, mais quand enfin le soleil est réapparu révélant des couleurs somptueuses, mon appareil photo a rendu l'âme. Il avait bu la tasse... de sable.

91

L'autre élément assez étonnant est qu'en à peine 70 km de pistes en direction du nord, nous avons brusquement quitté le désert (après Arvaiheer dans l'Ovorhangai) pour déboucher dans des collines de fleurs. Les yaks avaient remplacé les chameaux, l'herbe verte les pierres du désert. Le désert était définitivement derrière nous...

 

 

Et enfin, pour finir, voici un petit bonus : Sanjaa qui se bat avec le vent du désert... Pour info, il a fait ses premiers pas à la mi-juillet.

 

A bientôt